La prévention des risques liés à l’amiante connaît une évolution majeure avec le lancement du second plan d’actions interministériel amiante (PAIA2) pour la période 2026-2030. Que vous soyez propriétaire, copropriétaire, locataire ou bailleur d’un logement construit avant 1997, plusieurs mesures vont bientôt impacter vos démarches lors d’une location, d’un projet de travaux ou d’une transaction immobilière. Voici l’essentiel à retenir pour anticiper sereinement ces nouveautés.
Aujourd’hui, la loi ALUR prévoyait déjà l’intégration d’un état d’amiante dans le dossier de diagnostic technique remis lors de la location d’un logement. Mais, en pratique, ce document n’était pas exigé car le décret d’application attendu depuis 2015 n’avait jamais été publié. Le PAIA2 lève enfin cette incertitude : la publication du décret est annoncée, avec une entrée en vigueur prévue pour janvier 2027.
Concrètement, cela signifie que pour toute location d’un bien immobilier (maison ou appartement), le bailleur devra fournir à son futur locataire un état d’amiante. Ce document précisera la présence ou l’absence d’amiante dans certains matériaux ou produits de la construction. L’objectif est d’informer le locataire des éventuels risques d’exposition, mais aussi de l’aider à prendre les précautions nécessaires s’il souhaite réaliser des petits travaux ou du bricolage dans le logement.
Le PAIA2 met l’accent sur la sensibilisation des particuliers aux risques d’exposition à l’amiante lors de travaux, qu’il s’agisse d’un simple bricolage ou d’une rénovation plus importante. Beaucoup de propriétaires ou locataires ne sont pas informés des obligations de repérage amiante avant de démarrer des travaux ou de faire intervenir un artisan. Or, percer un mur, changer un revêtement ou rénover une pièce peut libérer des fibres d’amiante si le logement en contient.
Des brochures spécifiques, des guides pratiques et des actions d’information à destination des particuliers et des professionnels de l’immobilier vont être diffusés. L’objectif est que toute personne qui planifie des travaux sache quand et comment faire réaliser un repérage amiante, quelles précautions prendre et comment gérer les déchets éventuellement contaminés.
Pour mieux suivre la présence d’amiante dans le parc immobilier français, le PAIA2 prévoit la mise en place d’enquêtes visant à collecter les diagnostics amiante existants sur un panel de bâtiments. Ces enquêtes, conduites à l’échelle d’un département ou d’une région, permettront de mieux cibler les actions de prévention et d’accompagnement. Ce suivi concernera aussi bien les logements que les établissements scolaires, dont plus de 80 % ont été construits avant 1997.
Pour les habitants ou propriétaires de ces bâtiments, cela pourrait se traduire par des sollicitations pour partager les diagnostics existants, ou par une meilleure information sur l’état du bâti et les démarches à entreprendre pour garantir la sécurité des occupants.
Le plan prévoit également des études pour abaisser le seuil de concentration de fibres d’amiante dans l’air à partir duquel des travaux de retrait ou de confinement sont obligatoires (actuellement fixé à 5 fibres par litre). Si ce seuil est abaissé à l’avenir, il faudra s’attendre à davantage d’obligations pour engager des travaux de désamiantage, ce qui peut représenter un coût supplémentaire lors d’une rénovation.
À noter aussi : la fin progressive de la possibilité de confiner certains matériaux amiantés (notamment ceux de la liste A, qui regroupe les matériaux les plus sensibles), au profit d’un retrait systématique sauf impossibilité technique avérée.
Le nouveau plan amiante 2026-2030 vise à renforcer la sécurité et l’information de tous - propriétaires, locataires, bailleurs - face à un risque invisible mais bien réel. En vous informant dès maintenant et en anticipant les démarches, vous protégez votre santé et celle de vos proches, tout en facilitant vos futures transactions immobilières.
MARC HELEINE
cédric malleville
muriel romain


